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La nouvelle résistance !

Le mouvement Résistance républicaine a appelé hier à manifester à Paris le 22 juin pour la dissolution de l’Assemblée nationale et contre les islamo-racailles et les antifas.
Que voilà une information intéressante et révélatrice d’un état d’esprit bien peu démocratique et respectueux de notre histoire et de notre culture.

Une information très pertinente qui renseigne parfaitement sur l’ambiance délétère qui règne en France depuis quelques années, voire dans l’Europe tout entière et qui, semble-t-il, ne fait que s’amplifier de jour en jour.

Ces deux expressions « résistance républicaine » et « antifascisme » présentées comme antinomiques, tout d’abord. Ce glissement des valeurs de la Résistance à l’occupation allemande, ainsi que la reprise de Jean Moulin, vers des revendications d’extrême-droite et des groupuscules se réclamant du néo-nazisme et du pétainisme, ne semble émouvoir que peu de gens tant la banalisation des discours du FN s’est développée sous le gouvernement Sarkozy, amorçant la naissance de cette  » droite décomplexée » dont nous entendons de plus en plus parler. Ce terme de « décomplexée » est lui aussi intriguant : cela signifierait donc que la droite cachait ses sympathies avec les idées frontistes et qu’elle peut, désormais, s’en enorgueillir et bâtir son programme sur la même rhétorique ? En résumé, qu’il n’a jamais existé de droite démocrate, emplie de valeurs humaines et qui se démarquait de la gauche par sa préférence pour le principe de responsabilité individuelle plutôt que celui desolidarité assimilé à de l’assistanat ? Je n’y crois guère, tant la résistance française, justement, a compté de gaullistes et de catholiques engagés contre le régime hitlérien.

Mais le fait est que l’on nous présente maintenant la Résistance comme l’ennemie de l’antifascisme… Paradoxe insoutenable si l’on se fie à l’histoire elle-même, et dont je n’arrive pas à comprendre qu’il puisse être admis par des gens,  par ailleurs dotés de capacités intellectuelles entrant dans la moyenne nationale – à moins d’imaginer que cette moyenne n’ait singulièrement baissé grâce à l’exposition à certains media de masse- ce qui me paraît déjà plus envisageable.

Du coup, je me demande ce qu’est l’antifascisme, peut-être n’ai-je pas tout compris ? En surfant un peu, je découvre que je suis, comme tout antifasciste, un être assoiffé de violence, d’extrême-gauche, un provocateur qui se permet d’insulter d’innocents citoyens tatoués de croix gammées. Bien évidemment, suis-je bête, je saisis mieux qu’il faille résister contre tous ceux qui cherchent à limiter la liberté d’expression de ces héros qui nettoient à coups de batte de base-ball nos banlieues des dangereuses islamo-racailles qui nous envahissent et pourrissent notre existence.

Car nous sommes envahis, c’est un fait, et c’est ce qui justifie l’usage d’une légitime violence résistante et républicaine, par cette espèce hautement improbable mais que nous vendent tous les bons programmes conjugués de BFM TV, TF1 et M6. Quelle espèce ? Mais les islamo-racailles enfin ! N’ayant jamais rencontré de personnes  de ce genre, je tente de m’imaginer un horrible Maghrébin (ou Noir, faites votre choix) vêtu d’une djellaba, un couteau entre les dents, et une barbe sombre et drue qui cache en partie l’arme blanche (comme ses dents, car comme tout un chacun le sait, les Noirs en particulier ont les dents blanches et savent danser, ceci dit pour ceux qui hésiteraient face à un individu métissé). Fort de cet accoutrement fort peu pratique au demeurant, l’ islamo-racaille passe ses journées à vendre du shit en bas des blocs de sa cité, organise de joyeuses courses-poursuites en voitures volées avec les forces de l’ordre. Ces  courses  l’islamo-racaille les  perd toujours puisqu’il finit par brûler sa voiture et termine la course en courant jusqu’à ce qu’il se prenne les pieds dans la djellaba et se balafre par la même occasion avec son propre couteau. J’allais oublier que durant la course à pied (raison de sa bonne santé), il a réussi à lapider 2 femmes adultères, voler 4 pains au chocolat devant l’école primaire (on ne rigole pas pendant le ramadan), arracher 3 mini-jupes pour en faire des foulards (protégeons la pudeur même dans l’adversité)… et tout ceci en s’époumonant aux cris d’Allah Akbar !

Alors que vais-je faire le 22 juin, me dis-je, au comble de l’angoisse ? Vais-je résister ou me laisser aller à mes instincts noirs-rouges en m’imaginant sentir cette odeur qui révulse et qui est caractéristique du fascisme qui se drape sous les haillons de notre défroqué humanisme ?

Et  vais-je, de ce fait,  choisir, je n’ose dire cette Troisième Voie, qui consiste à défendre l’antifascisme comme un ensemble de valeurs universalistes qui a encore à s’améliorer, tant les sirènes de la violence comme moyen font autant de bruit que celles de l’extrême-droite qui l’admet comme fin ?

Dilemme dont je suis sauvée par le Préfet de police qui vient de prévenir les organisateurs que la manifestation prévue le 22 juin serait interdite « en raison notamment de son caractère provocateur à l’égard d’une partie de la population et  de la thématique retenue par ce rassemblement qui, dans le contexte actuel de tensions, est susceptible de générer des troubles graves à l’ordre public ». Et cette nouvelle, pour moi, constitue une autre problématique liée « au contexte actuel de tensions »… Devons-nous interdire le fascisme uniquement lorsqu’il ne « passera » pas?

Laurence Boulaghaf